Article d'une revue de 1954.

La transformation des produits agricoles du Maroc fut l' objet de la création de la société M.A.B en 1947.
Les produits de la semoulerie ainsi que ceux de sa minoterie à féves, sont exportés par le port, à destination de l' afrique noire et de la France.
La consommation de la farine de blé, qui, dans cette région s'est accrue plus peut étre que dans le reste du Maroc, a justifié l' adjonction aux installations existantes de la nouvelle minoterie de blé, d'une capacité de 400 quintaux par jour, mise en route en 1954.

Extrait de Jacqueline Bourquerel, « Un port industriel du Maroc : Mohammedia » (Cahiers d’outre-mer, Bordeaux, 1970, pp. 277-306)

Les « GRANDS MOULINS DE MOHAMMEDIA » ont succédé à une maïserie qui utilisait les produits de la région et fabriquait des aliments pour le bétail. La semoule de maïs s'exportait au Sénégal sur Dakar et Ziguinchor. Mais, à partir de 1955, la création d'une minoterie à Dakar, la concurrence des « Moulins d'Agadir » qui construisirent à cette époque une maïserie pouvant traiter 4.500 quintaux de maïs par jour, modifièrent la situation ; la maïserie de Fédala, après des moments difficiles, ferma en novembre 1956. Fonctionnait, depuis 1953, à côté de la maïserie, une minoterie à blé qui utilisait la production céréalière de Bouznika, Sidi Slimane (ex-Boulhaut), Rommani (ex-Marchand), Sidi Bettache. Installés entre le croisement de la R.P. 107 et de la R.P. 101 et la gare, les « Grands Moulins de Mohammedia » ont survécu à la [288] maïserie et occupent maintenant une superficie de 5.500 m2. Cette entreprise comprend deux moulins, une minoterie et une semoulerie ; elle travaille le blé tendre et le blé dur, fourni par la région, en année de pluviométrie normale. En année de sécheresse, le blé est importé de France et d'Amérique du Nord, via Casablanca, par l'intermédiaire de l'Office des Céréales. Les Moulins de Mohammedia sont le type de minoterie industrielle avec de grands silos, une machinerie moderne. Terrains compris, le capital investi atteint plus de 600 millions d’anciens francs et la consommation d'énergie électrique en haute tension est annuellement de 1.050.000 kWh, justifiant une dépense de près de 17 millions d'anciens francs (environ 150.000 dirhams). La capacité de traitement de cette minoterie est d'environ 1.000 quintaux par jour, mais depuis 1966, elle n'a jamais fonctionné à plein rendement. La production de semoule et de farine s'est élevée à 240.000 quintaux en 1967, 205.000 quintaux en 1968.
Entreprise entièrement marocaine, elle employait en 1969 environ 70 personnes. Les Grands Moulins de Mohammedia alimentent le marché régional jusqu'à Rabat. Mais un problème grave se pose pour cette usine comme pour toutes les minoteries industrielles du Maroc, Ia concurrence de moulins artisanaux, au nombre pléthorique, sensible surtout dans les années de bonne récolte. Les grandes minoteries réclament une limitation du nombre des moulins et il est à remarquer que le Plan quinquennal 1968-1972 n'a rien prévu dans ce secteur de l'industrie marocaine.
Les grands moulins de Mohammedia en 2005
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